Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur-24 février 2021

Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021
« Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté »


Cinquième séance – Mercredi 24 février 2021, 10h30-12h30
Besoin et désir : perspectives interdisciplinaires

 

La prochaine séance de l’Atelier des doctorants du Fonds Ricœur aura lieu en ligne et sera animée par Jean-François Houle, Monica Gorza et Alessandro Colleoni. Les personnes désirant obtenir le lien pour participer à cet atelier sont invitées à envoyer un courriel à l’adresse suivante : atelierhermeneutique@gmail.com

Vous pouvez également vous inscrire à l'atelier via la page "Listsem" : ici

10h30-10h45 Introduction (Monica Gorza)

10h45-11h15 Première intervenante : Maria Cristina Clorinda Vendra (Institute of Philosophy [OSKF], Prague/EHESS, Paris)
Titre : La faim et le manger : besoin ou désir du corps ?
La phénoménologie de Paul Ricœur à l’égard de la philosophie de la nourriture
Résumé : Ricœur n’a pas travaillé de façon directe sur le thème de la nourriture ni consacré l’une de ses œuvres aux problèmes d’ordre nutritionnel. Toutefois, son anthropologie philosophique offre des concepts et des méthodologies susceptibles d’être employés dans le domaine en plein essor de la philosophie de la nourriture. A partir de la Philosophie de la Volonté : Le Volontaire et L’Involontaire (1950), où le thème du corps propre est lié à la description des structures de la volonté humaine, il s’agira pour nous de problématiser la réciprocité du volontaire et de l’involontaire au sein de l’expérience intégrale de la subjectivité incarnée et mondaine. Le but de cette intervention est de montrer comment ce rapport de circularité entre les deux pôles sous-jacents au vouloir fournit les éléments pour comprendre la dialectique entre la faim et le manger en termes phénoménologiques. Plus précisément, la phénoménologie de la faim et de l’acte de manger, que je me propose d’élaborer sous l’inspiration de la pensée de Ricoeur, sera fondée sur une analyse du corps propre par rapport aux intentionnalités pratiques de la conscience : le décider (besoins, motifs, valeurs), l’agir (savoir-faire préformés, émotions, habitudes) et le consentir (caractère, inconscient, vie).

 

11h15-11h45 Deuxième intervenant : Paolo Furia (Université de Turin)

Titre : Pitié et sollicitude : un rapprochement entre Rousseau et Ricœur

Résumé : Notre intervention se propose de montrer les analogies et les différences entre la notion de pitié chez Rousseau et celle de sollicitude chez Ricœur, en montrant comment ces sentiments moraux fondent bel et bien le lien social et, par-là, la société politique. Dans Parcours de la reconnaissance, Ricœur propose la pensée de Hegel en réponse à la conception amorale du lien social formulée par Hobbes à l’aube de la modernité. Si Hobbes a réduit le lien social à un jeu de confrontation réciproque entre individus, ce qui suscite le désir de prendre les pas sur les autres, en engendrant une condition de guerre permanente, d’où l’imposition d’un Léviathan, Hegel fait quant à lui reposer le lien social sur le désir de reconnaissance, dont la satisfaction éventuelle passe par la reconnaissance d’autrui. En présentant ces positions, Ricœur n’évoque Rousseau que brièvement, puisque celui-ci partage avec Hobbes une interprétation des liens sociaux de type naturaliste, basée sur la priorité de l’individu biologique, et non pas sur la reconnaissance mutuelle. Mais la position de Ricœur est-elle vraiment si différente de celle de Rousseau ? En interrogeant l’articulation du sentiment moral de la pitié chez Rousseau et l’élaboration de la notion de sollicitude qui anime les analyses de Ricœur dans Soi-même comme un autre, nous montreront les raisons pour lesquelles un dialogue théorique entre ces concepts met davantage en lumière leur place névralgique dans les esquisses des différents parcours de reconnaissance sociale et politique.

11h45-12h00 Pause

12h00-12h30 Discussion